Le Christianisme en Afrique

Publié le par Marie-Christine

Plan:

- les églises préislamiques berbères et coptes

- les missions catholiques au 16ème siècle

- les missions au 18ème siècle

- les missions au 19ème siècle

- prophètes africains Harris et Kimbangu

- les églises indépendantes au 20ème siècle


Les églises préislamiques berbères et coptes- Maghreb, Egypte, Nubie, Ethiopie

Dans les premiers temps de l’église, l’expansion chrétienne suit naturellement les frontières de l’empire romain où est dispersée la diaspora juive.

- Ainsi en Afrique, il y a eu d’importantes communautés en Afrique du Nord chez les Berbères, très vivantes malgré la persécution (Tertullien, Cyprien, Augustin, …).

- De même en Egypte, en Nubie et en Ethiopie, les églises sont fortement implantées. Alexandrie est un centre intellectuel important, avec de nombreux théologiens (Clément, Origène, Athanase, Cyrille), un des 5 patriarcats.

 

Malheureusement, des hérésies s’infiltrent dans ces églises, les affaiblissant du même coup :

- Suite aux invasions des Vandales et autres wisigoths, qui étaient aryens, l’église d’Afrique du Nord adopte le point de vue aryen, non trinitaire.

- Du côté de l’Egypte, on adopte les thèses monophysites (Jésus est Dieu, mais non homme).

Lorsque l’Islam commencera sa conquête religieuse (par la force), ces églises ne pourront pas résister. Mais un certain nombre de chrétiens fuiront vers le Sahel et le centre de l’Afrique où la présence chrétienne est attestée.

En Egypte, les musulmans laisseront exister l’église copte, qui existe toujours.

Nubie chretienneL’église abyssine d’Ethiopie et les églises du sud de la Nubie continuent d’exister au sein du royaume du prêtre Jean. Mais ces églises sont coupées du reste de la chrétienté, pendant de nombreux siècles.

L’Islam va continuer sa progression en Afrique vers le Sud, et ce mouvement continue encore.

A cause de la progression de l’Islam, la chrétienté qui était jusque là assez universelle en s’étendant sur tout le monde connu de l’époque, s’est retrouvée en position de repli sur l’Europe. Il a fallu attendre le 19ème siècle pour retrouver cet universalisme.

Les missions catholiques au 16ème siècle- Congo, Angola, Mozambique

Au moment des grandes explorations, les portugais faisaient le tour de l’Afrique, cherchant à y implanter des comptoirs sur la côte.

Au Kongo le roi Joao se convertit et accueille avec joie les Portugais renommant sa capitale Sao Salvador. Son fils Affonso réclame d’autres missionnaires et son petit-fils Henrique devient évêque après ses études de théologie au Portugal. Les missionnaires catholiques baptisent les populations à tour de bras sans leur expliquer vraiment le baptême.

Mais le roi, qui avait étudié à Lisbonne, écrivait, désespéré, aux évêques de la métropole pour les prier de lui envoyer des prêtres respectant mieux les prescrits de la religion. Traitant comme un égal le roi du Portugal, il lui demandait que des capitaines se réclamant de lui cessent d'emmener ses sujets en esclavage.

Malheureusement il ne faut pas entendu, et avec le temps l’église s’effondra.

La même chose se répète à Luanda en Angola.

Les missionnaires catholiques envoyés ensuite se contentèrent de s’occuper uniquement des européens des côtes africaines, tout en baptisant les indigènes en masse.

Des tentatives sont faites aussi au Mozambique, avec un succès limité  à cause de la résistance de l’Islam dans cette région.

En Ethiopie, l’église catholique tente de persuader le roi de faire rentrer l’ancienne église abyssine dans le giron de l’église catholique. Cela se solde par un échec.

 « Il n’est pas excessif de parler d’échec chrétien en Afrique avant 1800 »

 

Les missions au 18ème siècle- Afrique du Sud,

L’évangélisation et la mission reprennent avec les réveils du 18ème siècle.

Les frères moraves envoient des missionnaires un peu partout.

Georges Schmidt va ainsi chez les Hottentots, en Afrique du Sud, et réussit à créer une église d’une cinquantaine de membres. Il rencontre l’hostilité des Hollandais lorsqu’il veut en baptiser quelques uns, et doit rentrer dans son pays. Les missionnaires qui reviennent 50 ans après constatent que l’église est toujours là.

Malgré leur zèle missionnaire, les moraves manquaient d’expérience et d’organisation : beaucoup meurent de maladie, ils se sentent isolés et loin de leur base, ils manquent de préparation et de stratégie. Mais leur expérience a servi à relancer l’intérêt pour la mission, et avec William Carey, les missions ont été mieux organisées.

Les missions au 19ème siècle

C’est le grand siècle de la mission. Dans la suite des réveils, un grand nombre de sociétés missionnaires sont créées. Des missionnaires sont envoyés partout en Asie, Amérique du Nord et du Sud, Afrique, Australie. Les missions catholiques et protestantes rivalisent entre elles dans la foulée des expéditions coloniales françaises et britanniques.  Il s’agissait aussi de contrer la pénétration arabe et de mettre fin à la traite des esclaves.

Parmi les pionniers on peut retenir les noms de :

David Livingstone- David Livingstone (1813-1873), explorateur, médecin et missionnaire de la London Missionary Society. Il reste onze ans dans le Betchuanaland en Afrique du sud. Puis se lancera dans 3 grandes explorations : du Cap à Luanda (côte ouest), de Luand à Quilimane (côte Est), puis dans le Zambèze autour du lac Nyassa, enfin autour du Lac Tanganika.

Il est devenu célèbre en raison des comptes-rendus détaillés de ses expéditions qui passionnaient l’opinion.

Sans nouvelles de lui, le journal New York Herald envoie Stanley à sa recherche. Le récit des retrouvailles est très célèbre. Son témoignage est aussi un plaidoyer contre les ravages causés par la traite des esclaves.
- Casalis, Arbousset et Gosselin, envoyés par la Mission de Paris (protestante) , pionniers de la mission au Lessouto. Puis plus tard, François Coillard, d’abord missionnaire au Lessouto, fonde la Mission au Zambèze

- François Villégier, puis Walter Taylor, africain de Sierra Leone, travaillent au Sénégal.

Prophètes africains

A côté des missionnaires, plusieurs africains entendirent l’appel de Dieu à évangéliser. La plupart rejoignent les missions fondées par les missionnaires, mais certains sont en complète autonomie.

Harris- le prophète Harris (1860-1929), en Côte d’Ivoire : converti dans l’église méthodiste dans son enfance, William Wade Harris devient prédicateur et connaît la prison vers 50 ans. Là, la vision de l’ange Gabriel lui ordonne d’évangéliser ses frères de la côte, ce qu’il fait avec beaucoup de puissance, en luttant surtout contre le fétichisme à partir de 1912. Il créait des églises avec ses baptisés, nommait des apôtres, et leur demandait d’attendre « les Blancs de la Bible ». . Les autorités françaises l’expulsent de Côte d’Ivoire en 1915, au début de la guerre, par crainte des foules qui s’assemblaient autour de lui à sa venue. Il se retire au Liberia et transmet le flambeau à Pierre Benoît, méthodiste français.

Simon Kimbangu- Simon Kimbangu (1889-1951), né à N’Kamba, baptisé par la mission Baptiste du Bas-Congo, devient instituteur. En 1918, la voix de Jésus-Christ la «’appelle à témoigner, mais il résiste 3 ans. En 1921, l’Esprit le contraint à guérir une femme au nom de Jésus-Christ. Puis les miracles s’enchaînent : résurrection d’un enfant, guérisons. Il attire de nombreuses foules, les incitant à abandonner les fétiches et à mener une vie sainte. Sa popularité lui attire la jalousie de certains collègues blancs, en particulier des missionnaires catholiques, et la méfiance du pouvoir colonial qui craint l’insurrection. On veut le mettre en prison, mais il se cache 5 mois, le temps de former ses disciples, puis il se rend aux autorités. Il est condamné à mort, peine commuée en prison à vie.

Les églises indépendantes au 20ème siècle

 

Les disciples de Harris rejoignirent les églises méthodistes, mais certains préférèrent créer des églises Harristes.

De même les kimbanguistes créèrent leur propre mouvement au début persécuté, ce qui a eu pour effet d’accélérer son extension.

Dans les années 1950, ces églises eurent reconnaissance et liberté de culte vers 1959.

Dans le même temps, de nouvelles églises apparurent suite au réveil pentecôtiste, sans compter les sectes.

Dans les missions, on donne une part de responsabilité plus grande aux pasteurs africains.

L’Islam redevient plus actif, et cherche à imposer la charia dès que les musulmans deviennent majoritaires.


Pour aller plus loin

Voir surtout: Précis d'Histoire des Missions, vol 1 L'Evangélisation du monde, Jacques BLOCHER ET Jacques BLANDENIER, éditons de l'Institut Biblique de Nogent

Histoire de la Nubie chrétienne , de Christian Cannuyer
Wikipedia, article David Livingstone, article Simon Kimbangu, article église kimbanguiste,
Prophète William Wade Harris, voir le site de l'église Harriste en France
Simon Kimbangu, voir le site de l'église kimbanguiste
biographie de David Livingstone sur sentinelle nehemie

Publié dans Survol général

Commenter cet article

Kemit 24/06/2017 21:11

Je suis tombé par hasard sur votre blog et je tiens à vous exprimer ma plus sincère haine envers vous, vos ancêtres et l’Église catholique qui, sous prétexte de vouloir sauver l'âme de mes aïeux, les avez rendus à l'état des esclaves, tués, violés, anéantis.
La situation catastrophique dans laquelle se trouve les afro-descendants et les africains résulte de la faute du christianisme.
Au nom de mes ancêtres, je vous maudit.

L 09/10/2016 10:11

Bonjour je viens de lire votre article afin d'avoir plus de renseignement sur la religion en Afrique pour ma culture personnelle. Votre article est assez bien écrit, malgré tout, je trouve ça dommage qu'il soit orienté en faveur des chretiens, on voit clairement que pour vous l'ismal sest imposer par la force de façon négative et que le christianisme a été implantée par quelques étrangers et puis diffuser par les africains eux même... Il y a un petit manque d'impartialité que je trouve assez dommage, sachant que l'histoire est universelle, et que le christianisme a en effet été apportée par la force en Afrique.
Cordialement. L.

Marie-Christine 03/02/2017 12:22

Oui, Y , vous avez raison en ce qui concerne le christianisme africain dans l'axe Egypte jusqu'à Ethiopie qui est très ancien , et aussi sur le pourtour méditerranéen de la Lybie au Maroc, très ancien aussi et antérieur non seulement à l'islam mais aussi antérieur à Constantin. Ce christianisme là s'est répandu alors que les chrétiens étaient persécutés eux-mêmes. Ils n'ont pas pu s'imposer par la force. Au contraire plus ils étaient persécutés plus ils faisaient des adeptes.
Le point de vue de L. vise davantage l'évangélisation sub saharienne en Afrique noire et du Sud. Cette évangélisation s'est produite à partir du 16ème siècle et c'est vrai les missionnaires étaient souvent accompagnés des militaires européens. Sur le champ missionnaire africain il y a eu compétition entre les efforts d'évangélisation allant des côtes africaines vers le centre et les efforts d'islamisation allant de l'Afrique du nord vers le sud. Actuellement ces efforts se continuent avec la différence qu'il n'y a plus aucune imposition par la force du côté chrétien depuis la décolonisation, mais du côté musulman la violence atteint un niveau jamais atteint auparavant (Nigéria, Soudan, Côte d'Ivoire, etc...) par des africains sur des africains. L'autre différence touche à l'esclavage abandonné par les occidentaux , mais non pas par les sociétés musulmanes.

Y 03/02/2017 10:01

Oui, l'islam s'est imposé par la force, c'est un fait historique corroboré par les sources islamiques elles-même donc comment avoir un autre point de vue ?

Quand au christianisme il n'a pas pu être implanté par des étrangers puisqu'il est né en Afrique. Son expansion sur le pourtour méditerranéen s'est déroulé du sud au nord et non de l'Europe vers le Maghreb ; l'article cite par exemple Tertullien, c'est un berbère du II siècle (bien avant le catholicisme romain et l'Edith de Milan) qui témoigne que c'est la non-violence des chrétiens qui fût à l'origine de leur persécutions par les autorités romaines (leur refus du service militaire, incompatible au baptême de Jésus-Christ, les accusait mettre en péril la cité à une période où l'empire avait grand besoin de soldats).

D'ailleurs les écrit romains contre les chrétiens sont des traces précieuses démontrant que l'islam était mal informé sur la foi originelle, puisqu'on y trouve des rapport sans équivoque stipulant que les premiers disciples d'Issa "se réunissaient pour chanter des hymnes à Christ lui adressant leur louange comme à un dieu" [Pline le Jeune (61 - 114)], et qu'ils croyaient en sa mort et sa résurrection (c'est une évidence visible dans leur comportement face à la persécution mais c'est toujours bien d'avoir des preuves matérielles et objectives comme le Graffiti d'Alexamenos).

christian evangelical 22/10/2015 10:49

we would like work with in order so we are in dzaleka refuge camp in Malawi country of Africa
thanks

Marie-Christine 02/01/2016 19:19

OK you can work with it