Les Huguenots

Publié le par Marie-Christine

Plan

- François 1er tolérant puis hostile

- La Saint-Barthélémy

- Henri IV et l'Edit de Nantes

- Louis XIII, Richelieu et la prise de la Rochelle

- Louis XIV et la Révocation de l'Edit de Nantes

- Paul Rabault Saint-Etienne et la liberté de culte

 


croix huguenoteLes protestants français, tous appelés « luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés par dérision « huguenots », puis « religionnaires », calvinistes, "ceux de la RPR", et parpaillots.

La croix huguenote, à partir de 1685, devient l’emblème et le signe de reconnaissance des protestants.

 

En France on estime que dès le départ de la réforme, environ ¼ des français était acquis aux idées de la Réforme. Mais très tôt, les adversaires de la Réforme organisent la persécution.

François 1er, d’abord tolérant puis hostile

Sa sœur Marguerite d’Angoulême est protestante et protectrice des protestants.

Après l’affaire des placards, François 1er irrité décide que la France restera catholique. Il accélère le processus de persécution, en particulier contre les Vaudois.

Les protestants seront torturés, pendus ou brûlés. Puis plus tard, envoyés aux galères ou prisonniers dans la Tour de Constance, les enfants arrachés à leurs parents.

La Saint-Barthélemy 1572

Gaspard de ColignySon fils Henri II meurt jeune et sa femme Catherine de Médicis assure la régence. Malgré ses efforts pour arriver à la conciliation, elle ne peut éviter les guerres entre les deux clans rivaux (les catholiques conduits par le duc de Guise et les protestants par le prince de Condé).

Cependant, sous l’influence des Guise, elle autorise le massacre de la Saint-Barthélemy contre les notables protestants venus à Paris assister au mariage de sa fille Margot avec Henri de Navarre, le 24 aout 1572. Après cette nuit-là, le massacre se propage dans toute la France contre les chefs militaires protestants surtout. (Amiral de Coligny, ci-contre). 3000 morts à Paris et plus de 5000 dans toute la France.

Ce massacre déclencha la 4e guerre de religion.


Henri IV et l’Edit de Nantes 1598

Henri IV Lemot Pont-Neuf Henri de Navarre, roi de Navarre et chef des princes huguenots, ne put devenir roi de France (en 1594) sans abjurer sa foi (1592). Mais il signe l’Edit de Nantes qui permet aux protestants de professer leur foi, garder leurs lieux de culte, et exercer toute charge publique. Ils peuvent garder leurs places de sûreté.

La Ligue catholique n’eut de cesse de faire pression pour l’abolition de cet édit.

Henri IV meurt assassiné en 1610.



Louis XIII, Richelieu et la prise de La Rochelle 1628

 

Richelieu au siège de La RochelleL’Edit de Nantes a pour conséquence de faire que les protestants sont un état dans l’état, ce que le roi très catholique  Louis XIII ne tolère pas. Il veut imposer le catholicisme partout et surtout démanteler les places fortes. (C’est le temps de la contre-réforme)  Richelieu fait le siège de La Rochelle, une des principales places fortes protestantes qui cède après un an de siège.

Dans la foulée l’Edit de Nantes est révoqué en 1629, pour ses aspects militaires.

Louis XIV et la révocation de l’Edit de Nantes 1685

Les dragonnades

Dès 1679, on fait régner la terreur dans les familles protestantes par les dragonnades : les dragons, militaires brutes, s’introduisaient dans les maisons en cassant tout et en violant les femmes, les harcelant pour pousser les protestants à abjurer leur foi et retourner au catholicisme.

La révocation de l’Edit de Nantes en 1685

Revocation de l'edit de NantesAprès les dragonnades, il y eut suffisamment d’abjurations pour « justifier » la révocation de l’Edit de Nantes : le protestantisme était interdit, temples détruits, réunions interdites…

Les contrevenants sont mis en prison (tour de Constance), envoyés aux galères. Marie Durand, enfermée pendant 38 ans , y a laissé l’inscription « Résistez ! »

L’exil

Un grand nombre de protestants choisirent l’exil, allant enrichir les pays d’Europe et du Nouveau Monde au détriment de la France. Ceux qui partaient étaient des artisans porteurs d’un savoir-faire unique.

La guerre des Camisards

Dans les Cévennes, les protestants se soulèvent pour protéger leurs prédicateurs entre 1701 et 1715.

Les assemblées du désert

Les protestants qui ne sont pas partis, ni renié leur foi continuent de se réunir en cachette dans les assemblées du désert, autour de prédicateurs clandestins, soutenus par les calvinistes de Genève. Le plus célèbre d’entre eux est le pasteur Paul Rabaut.

Paul Rabaut-St Etienne et les droits de liberté de culte

Jean-Paul Rabaut-Saint-Etienne Le fils ainé du pasteur des assemblées du désert Paul Rabaut, Rabaut Saint-Etienne obtient en 1787 du roi Louis XVI l’édit de tolérance permettant aux protestants d’avoir un état civil sans être obligés de passer par l’église catholique.

Il devient président de la 1ère assemblée constituante et réclame la liberté de conscience pour tous. Il fait inscrire dans la déclaration des droits de l’homme le droit à la liberté de choisir librement sa religion.

Il meurt guillotiné par la terreur en 1793.


Pour aller plus loin

Il faut absolument aller sur le site du Musée Virtuel du Protestantisme Français et surfer à partir de la page Siècles     

Autres sites protestants avec pages d'histoire:
- http://huguenotsweb.free.fr/histoire.htm
- http://www.eretoile.org/elements/hist/hist.html
- soli deo gloria

Sinon sur Wikipedia voir les articles Huguenot, Guerres de religion, Massacre de la Saint-Barthélemy, Edit de Nantes, Edit de Fontainebleau

Sur Hérodote voir les dossiers 8 guerres de religion, l'Edit de Nantes  

Publié dans Temps modernes

Commenter cet article

schnucki 11/05/2015 10:51

Bonjour,
Nous allons en 2017 fêter le début de la Réforme. Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour rendre hommage à tous les Huguenots persécutés durant presque 3 siècles. Nous voyons autour de nous la reconnaissance du génocide arménien, la mémoire de la shoah, la commémoration de l'esclavage dans les Antilles. Toutes ces manifestations auxquelles je souscris pleinement, mais pour les Huguenots des XVIeme, XVIIeme et XVIIIeme siècle c'est le silence complet. Le pape ne pourrait-il pas reconnaître les malversations de ses coreligionnaires durant cette époque.
Fraternellement

Marie-Christine 11/05/2015 23:07

Vous avez raison, il faut profiter de ce jubilé pour évoquer tous ces sujets. La fédération protestante y réfléchit (voir
http://www.protestants.org/index.php?id=33403).
Quant au pape, il ne restera pas silencieux, il ne manque pas de conseillers et les catholiques eux aussi sont capables d'anticiper ces grands anniversaires. Depuis Jean-Paul II ils ont demandé pardon pour beaucoup de choses (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Repentance_de_l'%C3%89glise_catholique#Les_d.C3.A9clarations_de_repentance).
C'est une affaire à suivre ....