Evêques, moines et chevaliers (1ère partie)

Publié le par Marie-Christine

Plan
Evêques célèbres
     Augustin, évêque d'Hippone
     Hilaire, évêque de Poitiers
     Martin, évêque de Tours
     Patrick, évêque d'Irlande
     patrons de Bretagne
Le monachisme


Repères :

 

-Depuis l’empereur Constantin, le christianisme n’est plus persécuté et peut s’étendre.

- les invasions barbares aboutissent à l’effondrement de l’empire romain en 476. Mais l’église reste une force structurée sur laquelle la civilisation va se reconstruire.

-Il faudra attendre Charlemagne, premier empereur (800) sur Saint-Empire Romain Germanique pour retrouver un peu de stabilité.

- De plus en plus de communautés monastiques sont fondées, pour les aspirants à une vie plus sainte. Elles sont régies selon des règles comme la règle bénédictine, de Benoît de Nursie (480).

 

Des évêques célèbres :

Augustin, évêque d’Hippone (354-430) :

Augustin d'HipponeNé en Afrique du nord, berbère, fils d’une chrétienne, Monique, et professeur à Rome, puis à milan, il se convertit après avoir découvert les lettres de Paul. Grand théologien, il a écrit « La cité de Dieu », « Les confessions » et de nombreux ouvrages. Il devient évêque à Hippone (en Tunisie). Il meurt lors du siège des Vandales en 430.

Ses écrits sont toujours étudiés aujourd’hui.

 


Hilaire, évêque de Poitiers (315-367)

Hilaire naît au début du quatrième siècle de parents païens. Il reçoit une éducation traditionnelle très soignée.

Après avoir eu une petite fille, il se décide à se marier. Il se convertit au christianisme en découvrant la Bible. Dégoûté des plaisirs et de la philosophie, il est séduit par les clartés de l'Ecriture. Peu de temps après il est élu évêque à Poitiers par acclamation populaire (vers 350).Hilaire de Poitiers

A cette époque là une grande discussion secouait l'Eglise: un certain Arius niait la divinité de Christ. Pour en finir avec ces discussions l'empereur Constantin avait réuni un concile à Nicée en 325. Ce concile avait  adopté la formule connue sous le nom de  symbole de Nicée qui proclame que le Fils est Dieu et qu'il existe de toute éternité. Ce concile avait déclaré les ariens hérétiques et ceux-ci avaient été exilés.

Mais en 356 l'empereur Constance II, favorable aux ariens, convoque un autre concile pour faire annuler le précédent. Hilaire, de toutes ses forces défend les positions de Nicée, mais minoritaire il est déposé et à son tour exilé en Asie mineure. Il en profite pour approfondir sa connaissance de la théologie grecque. Peu après lors d'un autre concile en 359, il écrit un violent pamphlet contre l’empereur Constance.

Après 360, il est de retour en Occident, et il devient un enseignant de premier ordre. Il écrit des traités de doctrine sur la Trinité, mais aussi des commentaires, et toutes sortes d'ouvrages, y compris des hymnes.

Il encourage fortement un certain Martin, ermite qui s'installe à Ligugé (près de Poitiers).

Hilaire meurt en 367. Plus tard les légendes populaires lui attribueront toutes sortes de miracles.

 

Martin, évêque de Tours (316-397) et ermite

Martin de Tours Né en Hongrie, fils de magistrat militaire de l’armée romaine, Martin de tours, après son service militaire (de 25 ans), désire vivre en ermite, ce qu’il fait dans une cellule près de Ligugé.
Mais cette aspiration à la solitude a été rapidement contrariée. En 372, le peuple de Tours devant choisir un nouvel évêque, réclame Martin, qui fut obligé de céder.

Martin et le pauvre d'Amiens

C'est ainsi qu'un jour où Martin n'avait sur lui que ses armes et un simple manteau de sMartin de Tours oldat, au milieu d'un hiver qui sévissait plus rigoureusement que de coutume, à tel point que bien des gens succombaient à la violence du gel, il rencontre à la porte de la cité d'Amiens un pauvre nu: ce misérable avait beau supplier les passants d'avoir pitié de sa misère, ils passaient tous leur chemin. L'homme rempli de Dieu comprit donc que ce pauvre lui était réservé, puisque les autres ne lui accordaient aucune pitié. Mais que faire? Il n'avait rien, que la chlamyde dont il était habillé: il avait en effet déjà sacrifié tout le reste pour une bonne oeuvre semblable. Aussi, saisissant l'arme qu'il portait à la ceinture, il partage sa chlamyde en deux, en donne un morceau au pauvre et se rhabille avec le reste. Sur ces entrefaites, quelques uns des assistants se mirent à rire, car on lui trouvait piètre allure avec son habit mutilé. Mais beaucoup, qui raisonnaient plus sainement, regrettèrent très profondément de n'avoir rien fait de tel, alors que justement, plus riches que lui, ils auraient pu habiller le pauvre sans se réduire eux-mêmes à la nudité.

Donc, la nuit suivante, quand il se fut abandonné au sommeil, il vit le Christ vêtu de la moitié de la chlamyde dont il avait couvert le pauvre. il est invité à considérer très attentivement le Seigneur, et à reconnaître le vêtement qu'il avait donné. Puis il entend Jésus dire d'une voix éclatante à la foule des anges qui se tiennent autour d'eux: "Martin, qui n'est encore que catéchumène, m'a couvert de ce vêtement".

Sulpice Sévère, Vie de Saint-Martin


 Il est rapidement rejoint par plusieurs personnes, attirées par sa sainteté, et une petite communauté s’organise.

Saint Martin devient évêque à son corps défendant

Des foules de Tourangeaux se trouvaient sur le parcours; sous bonne garde, on escorte Martin jusqu'à la ville, comme un prisonnier. Une multitude incroyable de gens, venus de la ville mais aussi des cités voisines, s'était rassemblée pour apporter les suffrages. chez tous une seule volonté, un même désir, un même sentiment: c'est Martin qui est le plus digne d'être évêque, heureuse l'église qui peut avoir un tel évêque ! ...

      Martin accomplissait sa charge d'évêque avec autorité, sans négliger cependant la vie et les vertus de moine. ne pouvant supporter davantage d'être dérangé par les visiteurs, il installa un ermitage à deux milles environ hors les murs de la ville. tout à fait à l'écart, cette retraite n'avait rien à envier à la solitude d'un désert. D'un côté elle était dominée par une haute falaise, le reste du terrain était pris dans un petit méandre de la Loire. il n'y avait qu'un chemin pour y accéder; il était étroit. Martin occupait une cellule. La plupart s'étaient aménagé des abris creusés dans la roche de la montagne. Ils étaient environ quatre-vingt disciples...

Sulpice Sévère, Vie de Saint-Martin

 

Tout en étant évêque il continue de vivre en ascète. Gêné par les curieux, il s'aménage une retraite à Marmoutiers, qui deviendra un monastère et une base de départ pour l'évangélisation des campagnes. En effet, Martin constate que si les villes sont à peu près correctement christianisées, en revanche les campagnes sont restées païennes (paganus= paysan et païen). Pour atteindre ces populations, il fonde des monastères un peu partout dans les régions de la Loire, destinés à répandre l'Evangile parmi le peuple. A sa mort, environ 2000 moines viendront lui rendre hommage.

A cette époque, l'idéal monastique (ascétisme, chasteté, pauvreté) devient à la mode et suscite beaucoup de vocations. Ces vocations ne se trouve pas seulement dans le petit peuple paysan, mais aussi dans l'élite: plusieurs sénateurs quitteront les responsabilités civiles pour devenir évêques ou fondateurs de monastères (Loup, Sidoine Apollinaire, Avit, Rémi..).

La grande popularité de Martin explique que grand nombre d'églises et de villages soient placés sous sa protection, et  autour de son nom se développeront toutes sortes de légendes, de récits miraculeux, etc.., ces récits ayant pour but de persuader les foules de la supériorité du christianisme.

  

Patrick (385-461)StPatrick
Patrick est écossais, fils d'un décurion servant dans l'armée romaine, mais sa famille s'était établie en Armorique. Ses parents sont des chrétiens fervents, mais le jeune Patrick préfère les plaisirs de son âge; Lors d'une expédition irlandaise, il est fait prisonnier par des pirates et reste en esclavage 6 ans. De 401 à 407, il est berger à leur service. Il semble que cette épreuve l'ait amené à réfléchir sur lui-même et à se convertir seul. Il parvient à s'enfuir et rentre dans les ordres en Gaule à Auxerre. Il devient le disciple de Germain d'Auxerre venu en 429 en Bretagne combattre l'hérésie pélagienne.


Au cours d'un rêve, il entendit la voix des Irlandais: "Nous attendons ton retour parmi nous".


Il désire fortement repartir en Irlande pour y évangéliser et avant son départ en 432 on le nomme évêque d'Irlande. En Irlande, il organise l'Eglise, si bien qu'en 439, il est nécessaire de nommer 3 évêques de plus.  Il combat aussi farouchement l'esclavage.

Il fonde des monastères où les moines pratiquent un ascétisme strict. Cependant ces moines ne vivent pas en reclus, mais sont itinérants. Patrick a su leur insuffler la vision de l'évangélisation et ils partent à la conquête de l'Europe où le christianisme s'était bien affadi. Bien qu'ils aient eu un côté un peu baroudeur, ils ont néanmoins le goût de l'étude et emportent toujours avec eux leurs livres d'étude.

 

Parmi ces moines, on peut retenir:

Brigide, (†523), fondatrice du monastère féminin de Kildare

Colomba, (521-597)qui a fondé les couvents de Derry, Durrow et de Iona en Ecosse

Colomban, (540-615) qui a fondé des couvents en Gaule (Luxeuil) et en Italie (Bobbio)

Gall, disciple de Colomban, qui a fondé le couvent de Saint-Gall, d'où l'évangile se répandit en Allemagne et en Suisse.

Les monastères irlandais étaient des centres de piété en même temps que d'activité missionnaire. Ils gardaient une certaine indépendance vis-à-vis de la papauté. Ils étaient très attachés à l'autorité de l'Ecriture seule.

 

Les fondateurs de la Bretagne

A partir de 460, arrivée en Armor des Celtes de Grande Bretagne, chassés de chez eux par les Angles et les Saxons. L'émigration se poursuit pendant deux siècles. Ces colons raniment et évangélisent l'Armor, lui donnent son nouveau nom: Petite Bretagne, qui devient Bretagne tout court. De leurs chefs religieux, le peuple breton a fait des saints, patrons de nombreuses villes de la péninsule.

Ils sont devenus les saints patrons des sept anciens évêchés:

Malo à St-Malo; Brieuc à St.-Brieuc; Samson à Dol de Bretagne, Patern à Vannes; Corentin à Quimper; Pol-Aurélien à St-Pol-de-Léon; Tugdual à Tréguier.

On ne peut pas établir avec certitude que les fondateurs de la Bretagne aient été des disciples directs de Patrick, mais il y a une forte probabilité qu'ils aient été touchés par ce réveil venu d'Irlande.


Le monachisme

Le monachisme du 3ème au 8ème siècle

- ermites du désert : Antoine (251-356), Pacôme (290-346)

- moines d’Orient selon la règle de Basile de Césarée

- moines d’Occident selon la règle de Benoît de Nursie

- moines irlandais (cf Patrick)

 

La réforme monastique (à partir de 910) : monastères fermés et plus austères

- Cluny (910) et les monastères clunistes

- Cîteaux et les monastères cisterciens(1098) (cf Bernard)

 

Nouvelles réformes (vers 1300) : monastères plus ouverts, pauvres et prêcheurs

- François d’Assise (1182-1228) et les Franciscains / Claire et les Clarisses

- Dominique de Guzman (1170-1221) et les Dominicains, éducateurs et enseignants

 

 


Remarque: cette leçon a été conçue comme un survol général , lors de la première année.
Etant très longue, elle peut facilement être fragmentée en autant de séances que nécessaires.


Pour en savoir plus

sur ce site, voir aussi article Moines irlandais
Wikipedia, articles Saint-Augustin,Hilaire-de-Poitiers, Martin-de-Tours, Saint-Patrick, monachisme chrétien

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