Partager l'article ! Blandine de Lyon et l'Eglise persécutée: Plan:1. L'affaire des martyrs de Lyon 2. Le témoignage de Blandine 3. Eusèbe de Césarée ...
Contexte: l'Eglise persécutée dans l'empire romain
Dans tout l'empire romain, il y a quasiment liberté religieuse. Les uns croient aux dieux romains traditionnels (Jupiter, Junon, Mars, Neptune, Vénus,etc...), ou alors à leurs homologues grecs
(Zeus, Athéna, Arthémis, Poséïdon, Aphrodite, ...), ou aux dieux païens de différentes contrées. En Gaule Bélénos, Bélisama, Toutatis (relisez vos Astérix). Ces religions ont en commun d'être
polythéistes, c'est-à-dire de croire qu'il y a plusieurs dieux. Elles font bon ménage entre elles: un dieu de plus ou de moins, on n'est plus à un près!
Les juifs ont une dérogation spéciale: puisqu'ils n'ont qu'un seul Dieu qui n'accepte pas la concurrence, ils ont le droit de n'adorer que celui-là à condition d'être fidèle à l'empereur. Les premiers chrétiens, juifs, bénéficient de cette dérogation.
Le problème vient de ce que l'empereur devient de plus en plus exigeant. A la mort de l'empereur Auguste, on déclara qu'il était devenu dieu. Mais petit à petit ses successeurs ont voulu être dieux de leur vivant. Et ils ont exigé que l'on fasse des sacrifices devant leur statues. C'est ainsi que l'on prouvait que l'on était un bon citoyen.
En même temps, les chrétiens étaient de moins en moins juifs et se recrutaient de plus en plus parmi les païens. Donc pas de dérogation spéciale. Et sacrifier à l'empereur leur posait bien sûr un problème de conscience. C'est à partir de là que les persécutions contre les chrétiens ont commencé.
En Gaule, l'affaire des martyrs de Lyon
Le christianisme s'introduit tout d'abord en Gaule Narbonaise (Toulouse, Marseille, Lyon), qui était province romaine depuis 125 avant J.C., alors que le reste de la Gaule n'est romaine que
depuis 50 avant J.C. On n'a que très peu de renseignements sûrs historiquement sur l'Eglise en Gaule à cette époque, mais il est certain qu'il y avait une communauté chrétienne à Lyon, à cause de
l'affaire des martyrs de Lyon en 177, qui nous est rapportée par Eusèbe de Césarée..
Quant à Sanctus, lui aussi se montrait supérieur. "Je suis chrétien". C'était là ce qu'il confessait, successivement à la place de son nom, de sa cité, de sa race, à la place de tout, et les païens n'entendirent pas de lui d'autre parole. Aussi y eut-il une grande émulation du gouverneur et des bourreaux contre lui, si bien que, ne sachant plus que lui faire, ils finirent par appliquer des lames de cuivre rougies au feu aux parties les plus délicates de son corps... Son pauvre corps était le témoin de ce qui était arrivé: tout entier blessure et meurtrissure, contracté, privé de l'apparence d'une forme humaine
Les esclaves païens qui ont des maîtres chrétiens les accusent d'inceste et d'anthropophagie; on torture les chrétiens pour leur faire avouer leurs méfaits. Ceux qui s'entêtent à ne pas renier leur foi sont envoyés au supplice: on coupe la tête aux citoyens romains et on envoie les autres aux bêtes sauvages.
Le témoignage de Blandine
Blandine était une jeune esclave, au service d'une famille chrétienne. Elle refuse d'accuser ses maîtres. Non seulement elle endure toutes sortes de
supplices, mais en plus elle encourage les autres. On pensait qu'étant une faible femme et une esclave, on pourrait l'amener plus facilement à renier Christ. Rien ne lui fut épargné: les fouets,
le chevalet qui sert à écarteler les membres, la chaise de fer rougie au feu, les bêtes féroces, livrée dans un filet à un taureau sauvage, et finalement la lance d'un soldat qui mit fin à ses
souffrances.
Certains, saisis de crainte, renient le christianisme. Mais finalement, cela ne sert à rien, ils sont retenus en prison sur d'autres accusations. Aussi , fortifiés par la prière de Blandine et
des autres, ils confessent à nouveau Christ. Finalement une cinquantaine de chrétiens subissent le martyre, et parmi eux, leur vieil évêque Pothin, âgé de quatre-vingt-dix ans.
...Mais la bienheureuse (Blandine), comme un généreux athlète, se renouvelait dans sa confession; c'était pour elle un réconfort, un repos, un arrêt dans la souffrance, que de dire: "Je suis chrétienne, chez nous il ne se fait rien de mal."...Après les fouets, après les fauves, après le gril, elle fut finalement jetée dans un filet et livrée à un taureau. Longtemps elle fut projetée par l'animal, mais elle ne sentait rien de ce qui lui arrivait à cause de l'espérance et de l'attente de ce en quoi elle avait cru et de sa conversation avec le Christ: elle fut sacrifiée elle aussi, et les païens eux-mêmes avouaient que jamais chez eux une femme n'avait souffert d'aussi grandes et d'aussi nombreuses tortures...
(lettre des Eglises de Vienne et de Lyon, citée par Eusèbe de Césarée)
Non contents de ce résultat, les persécuteurs brûlent leurs corps, et jettent les cendres dans le Rhône, p
ensant
ainsi les priver de la résurrection attendue...
Eusèbe de Césarée, l'historien (environ 265-340)
Considéré comme le premier historien de l'histoire de l'Eglise, c'est lui qui nous laissé dans son Histoire Ecclésiastique de nombreux récits sur les chrétiens qui l'ont précédé, sur les
empereurs, sur les persécutions et les martyrs. Il a aussi écrit des ouvages apologétiques et théologiques.
Pour en savoir plus:
sur les martyrs de Lyon: http://www.sources-chretiennes.mom.fr/index.php?pageid=martyrs_lyon
sur Eusèbe de Césarée Wikipédia, article Eusèbe de Césarée
sur les oeuvres d'Eusèbe de Césarée, traduction française http://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe
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